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Wellington

Île-du-Prince-Édouard, Canada

Wellington est le centre commercial de la région Évangéline, la plus grande région acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard. Ce qui fait sa force : la fierté acadienne de ses résidents, qui vivent et travaillent en français.

En un coup d'oeil

Ville Wellington
État Île-du-Prince-Édouard
Pays Canada
Population 409
Date de fondation Incorporée en 1959
Maire Alcide Bernard
Site touristique www.tourismpei.com

Habitée pendant des centaines d’années par les Micmacs, la région de la vallée de la rivière Ellis, à l’île Saint-Jean (aujourd’hui l’Île-du-Prince-Édouard), a changé à jamais avec l’arrivée des Blancs. Quelques familles irlandaises et écossaises sont d’abord venues s’y établir, suivies de familles anglaises et de quelques Acadiens ayant échappé à la Déportation de 1755.

Dans le petit village de Quagmire, un barrage et des moulins furent les premières constructions, suivis d’une auberge et d’un hôtel. Puis le chemin de fer est arrivé. Durant les années suivantes, la petite vallée de la rivière Ellis s’est industrialisée et commercialisée. L’établissement d’une école, d’un bureau de poste, d’un moulin à farine, d’une scierie, d’une meunerie ainsi que de plusieurs fermes prospères a cimenté l’avenir du village.

En 1862, sur l’initiative de l’instituteur James H. Fitzgerald, les villageois ont demandé un changement de nom pour leur village, trouvant que Quagmire, qui signifie « bourbier », était « sale ». Après plusieurs suggestions, le nom retenu fut Wellington, en l’honneur d’Arthur Wellesley, premier duc de Wellington, un héros irlandais qui a vaincu Napoléon Bonaparte à la bataille de Waterloo en 1815 et est devenu premier ministre de la Grande-Bretagne en 1828.

Les résidents de Wellington ont su répondre à leurs besoins en établissant divers commerces et industries : une manufacture de briques, de pierres tombales, de boîtes de conserve, de fromages... Plusieurs faisaient aussi l’élevage de renards. Le 20e siècle a vu toute une gamme de services apparaître dans la communauté : une bibliothèque, une banque, un salon funéraire, des magasins, des stations-service, des églises, etc. Plusieurs projets de coopératives ont également vu le jour. Un esprit ouvert a rassemblé les pêcheurs, les fermiers et les marchands. Malgré leurs racines, leurs cultures et leurs langues différentes, les résidents étaient unis pour le bien-être de Wellington.

Aujourd’hui la porte d’entrée de la région Évangéline, la municipalité offre une vaste gamme de services à ses citoyens et à ceux des villages avoisinants : une caisse populaire, un bureau de poste, un centre de santé, le Collège Acadie Î.-P.-É., le foyer pour aînés Le Chez-Nous, le centre d’habitation Le Bel Âge, des services de restauration, de prévention d’incendie et gouvernementaux, dont Télésanté 8-1-1, etc.

Une municipalité prospère l’est souvent à cause de ses résidents. À Wellington, des maisons bien entretenues, des jardins pleins de couleurs et des accents bleus, blancs, rouges et jaunes reflètent la fierté acadienne des citoyens, qui s’impliquent aussi régulièrement dans les nombreuses activités offertes. Endroit idéal pour des festivités communautaires, un beau grand parc doté d’un centre d’interprétation accueille les visiteurs. La petite rivière Ellis qui le serpente permet de pêcher l’été et de patiner l’hiver.

Le sentier de la Confédération qui passe à Wellington a été construit sur l’ancien chemin de fer. Reliant plusieurs belles communautés d’un bout à l’autre de l’île, ce sentier pittoresque est un endroit propice pour la marche, le cyclisme, le ski, la motoneige, etc.

Histoire francophone

L’histoire de la francophonie de la région de Wellington a commencé avec l’arrivée des deux premiers Acadiens dans la communauté, Joseph E. Arsenault et Fidèle (Tom) Arsenault.

Joseph E. Arsenault, connu plus communément sous le nom de Joe Carise, est né le 23 janvier 1840. Marié deux fois, père de neuf enfants, il fut le premier chef de gare à Wellington. Il fut aussi juge de paix, fermier, vendeur de fournaises à bois et éleveur de chevaux de course, en plus de se révéler un bon patineur : il a exercé ce passe-temps jusqu’à l’âge de 93 ans.

Fidèle (Tom) Arsenault, neveu du sénateur Joseph Octave Arsenault, était marié et père de six enfants. À 24 ans, il est devenu gérant du magasin de son oncle, puis a ouvert son propre magasin, aussi à Wellington, en 1899, en mettant la priorité sur la distribution d’œufs provenant des fermes locales. Il a vécu jusqu’à l’âge de 98 ans.

Le sénateur acadien Joseph Octave Arsenault était un entrepreneur avant-gardiste toujours à la recherche de nouvelles entreprises. Pour faciliter et augmenter le commerce, il s’est joint à John Barlow pour faire pression sur le gouvernement de l’époque afin que la gare soit construite à Wellington, plus près des moulins Barlow et du magasin J. O. Arsenault et fils.

Son fils, Joseph Félix Arsenault, a suivi les traces politiques de son père et est devenu membre du Parlement dans le troisième district du comté de Prince de 1897 jusqu’à 1904. Un autre résident de Wellington a représenté le même district : Joseph Wilfrid Arsenault fut élu comme libéral en 1947 et siégea jusqu’en 1953. Un autre entrepreneur de Wellington, Cyrus F. Gallant, fut très intéressé par la politique et fut un des organisateurs de la région pour le parti CCF (Co-operative Commonwealth Federation), qui est devenu le Nouveau Parti démocratique. Il était très ambitieux et voyait combien la coopération pourrait bénéficier à tous. Il a organisé des groupes d’études et consulté les résidents pour éventuellement ouvrir trois succursales de caisses populaires, puis a mis sur pied le premier cours en coopération donné à Wellington.

Une expression populaire de l’époque, « la langue est la gardienne de la foi », démontre combien les membres du clergé d’expression française étaient parmi les plus grands défenseurs de la cause acadienne dans l’Île-du-Prince-Édouard. Le clergé acadien a appuyé activement les conventions nationales acadiennes, les journaux acadiens, l’Association des instituteurs acadiens de l’Île, la Société mutuelle l’Assomption et la Société Saint-Thomas d’Aquin. Il s’est lancé dans plusieurs projets destinés à remédier au manque d’enseignement religieux et français dans le système scolaire public. En plus de contribuer à la vie culturelle, les prêtres ont joué un rôle primordial dans le développement économique de l’Île en établissant la Banque du peuple, pour encourager les mouvements agricoles. Ils ont été les maîtres d’œuvre de multiples constructions d’églises, de salles paroissiales, de presbytères et de couvents, et ont aussi soutenu plusieurs entrepreneurs dans leurs projets.

Maintenant devenu la porte d’entrée de la région Évangéline, Wellington rassemble des commerçants qui continuent de réaliser l’importance d’offrir leurs services en français. D’après le recensement de 2011, 55 % des 409 citoyens du village rapportent que leur langue maternelle est le français et 64 % disent connaître les deux langues officielles.

Théâtre de plusieurs événements et festivals, la région Évangéline accueille plusieurs centaines de visiteurs chaque année, surtout durant la saison estivale. L’Exposition agricole et le Festival acadien proposent quatre jours de fête et de fierté où musique, expositions agricoles et délicieux mets acadiens se côtoient, attirant des francophones de partout au Canada, aux États-Unis et même de l’Europe.

La région se prépare à accueillir le Congrès mondial acadien en 2019. Ces célébrations d’envergure internationale sauront mettre la région Évangéline au premier plan de la francophonie mondiale.

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