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Summerside

Canada

Porte occidentale de l’Île-du-Prince-Édouard, Summerside est la deuxième ville en importance de la province. Mais elle n’en a pas pour autant perdu son échelle humaine, qui constitue l’un de ses principaux charmes.

En un coup d'oeil

Ville Summerside
Province Île-du-Prince-Édouard
Pays Canada
Population 14 500
Fondateur Daniel Green
Date de fondation 1877
Maire Bill Martin
Site touristique www.exploresummerside.com
Site de la ville www.city.summerside.pe.ca


Maison historique

Construite autour d’un port naturel en eaux profondes, la petite municipalité de quelque 15 000 habitants s’est développée avec les chantiers navals, la traite du renard argenté, l’exportation de pommes de terre de semence et le service militaire. Elle est parvenue au cours des dernières années à attirer l’industrie aérospatiale, quelques services gouvernementaux provinciaux et un collège communautaire.

Fidèle à son rôle traditionnel de fournisseur de services agricoles, Summerside est fière d’être une ville ouvrière où les gens se saluent encore dans la rue. Les sports sont au cœur de la vie citadine. Les arts visuels, le théâtre, la danse et la musique de tous les styles se côtoient sur une scène effervescente. Bastion de métiers d’art ancestraux, Summerside compte une foule de groupes et d’organisations qui soutiennent sa vivacité culturelle ainsi que nombre de musées, de galeries d’art et de boutiques d’artisanat.

Dans le quartier historique parfaitement conservé, il fait bon marcher dans les rues bordées d’arbres ainsi que sur la promenade de sept kilomètres longeant la baie, en face du phare d’Indian Head, pour admirer les extraordinaires levers et couchers de soleil. Les traditions autochtones, celtiques et acadiennes, entremêlées à celles des nouveaux venus, sont une source inépuisable de récits et d’histoires.

Summerside est résolument engagée dans la voie de l’écologie, comme en témoignent ses nombreux espaces verts, son centre de lutte contre la pollution (parmi les premiers du genre au Canada), son parc éolien et son service de compostage des matières organiques. Récemment, elle s’est dotée d’un service d’autobus urbain pour élargir les options de transport vers les principaux points d’intérêt, également accessibles à pied ou à vélo.


Port

Histoire francophone

Jacques Cartier est le premier Européen à poser le pied sur l’île, le 1er juillet 1534. Les pêcheurs français en fréquentent déjà les côtes quand Samuel de Champlain la baptise « Isle Saint-Jean », en 1603. L’année suivante, le sieur de Mons s’installe avec une centaine d’hommes sur une petite île de la baie de Fundy et fonde la première colonie française en Amérique du Nord. Au terme d’un rude hiver, une trentaine de colons succombent au scorbut. Au retour du temps doux, les survivants s’installent sur le territoire actuel d’Annapolis, en Nouvelle-Écosse, et y fondent l’habitation de Port-Royal, premier établissement européen permanent au nord du golfe du Mexique. Leur terre d’accueil est appelée l’Acadie.

En 1713, la France signe le traité d’Utrecht, en vertu duquel elle cède l’Acadie et Terre-Neuve à l’Angleterre en échange de l’Isle Royale (aujourd’hui l’île du Cap-Breton) et de l’Isle Saint-Jean. Ce n’est qu’en 1720 que les Français s’établissent de façon permanente sur l’Isle Saint-Jean. Malgré la menace d’une attaque britannique et quelques invasions de souris et de sauterelles qui détruisent des récoltes entières, les colons sont déterminés à faire leur vie sur leur nouvelle terre. La survie les accapare au quotidien. Ils se divertissent au rythme des chansons, de la musique et des danses de leur mère patrie.

En 1755, l’Isle Saint-Jean accueille un grand nombre d’Acadiens de Nouvelle-Écosse fuyant la déportation. Lorsque la forteresse de Louisbourg tombe aux mains des Britanniques, en 1758, ces derniers revendiquent aussi l’Isle Saint-Jean, dont ils déportent les habitants en France. Les soldats réduisent en cendres les fermes et les maisons des Acadiens. Certains réussissent à s’enfuir au Nouveau-Brunswick et au Québec.

Une trentaine de familles acadiennes vivant à Malpeque et dans ses alentours réussissent à échapper aux soldats britanniques. Quand Samuel Holland arrive sur l’île pour en recenser la population au nom du gouvernement britannique, il découvre qu’elles se sont établies dans la baie Rustico, à Fortune Cove et près de St. Eleanors.

Les Acadiens ayant échappé à la déportation (de qui descend la population acadienne actuelle de l’Île-du-Prince-Édouard) sont privés de leurs biens et considérés par les Britanniques comme leurs prisonniers. Ils doivent leur survie à leur persévérance et à leur volonté. De plus en plus nombreux, ils se dispersent un peu partout sur l’île, gagnant souvent leur vie comme pêcheurs puisque les terres où ils sont forcés de s’établir sont peu fertiles. Les Acadiens forment une communauté solidaire et bâtissent de solides réseaux d’entraide cimentés par leurs écoles et leurs églises.

Les catholiques de l’Île-du-Prince-Édouard obtiennent le droit de vote en 1830. Depuis ce temps, grâce à un mélange de participation, d’éducation, d’efforts et de détermination, les Acadiens ont fait leur place comme puissance tranquille de l’île.

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