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Saint-Albert

Alberta, Canada

Souvent appelée la plus belle ville de l’Alberta, Saint-Albert possède une riche histoire qui remonte à plus de 150 ans.

En un coup d'oeil

Ville Saint-Albert
Province Alberta
Pays Canada
Population 64 645
Fondateur Père Albert Lacombe
Date de fondation 1861
Maire Nolan Crouse
Site de la ville stalbert.ca


Site patrimonial de la Chapelle du père Lacombe

Fondée en 1861 par le père Albert Lacombe, Saint-Albert est le plus vieil établissement non fortifié d’Alberta et a été la plus importante colonie agricole à l’ouest de Winnipeg.

Selon le recensement municipal de 2016, la ville compte 64 645 habitants, ce qui représente une augmentation annuelle de quelque 700 personnes par année (1,1 %) depuis le recensement précédent de 2014.

La perle albertaine qu’est Saint-Albert est aussi connue comme la « ville des arts botaniques ». Cette expression reflète les principaux éléments que la ville chérit, apprécie et célèbre. Elle décrit ce qui la rend unique et exceptionnelle, et met en évidence les facteurs qui en font un endroit merveilleux où il fait bon vivre, travailler ou séjourner.


Site patrimonial des élévateurs à grains

Histoire francophone

Saint-Albert a été fondé en 1861 par le père Albert Lacombe (1827-1916), qui construisit une petite chapelle sur une colline dans la vallée de la rivière Esturgeon. Cette chapelle existe encore, sur un site patrimonial appelé Mission Hill. Le père Lacombe fut un bâtisseur de passerelles : entre les endroits, entre les gens et entre les époques. Né au Québec, il a passé la majorité de sa vie à parcourir les vastes étendues de l’Ouest canadien et à nouer des relations entre les Premières Nations, les Métis et les Euro-Canadiens. Il a établi des missions auprès des Premières Nations, servi de nombreuses paroisses catholiques et fondé des établissements. Il a aussi publié des dictionnaires et des livres de prières dans plusieurs langues des Premières Nations, qu’il maîtrisait. Au cœur des troubles des années 1880, le père Lacombe fut un artisan de la paix, résolvant les conflits entre les autochtones, le gouvernement fédéral et le Chemin de fer Canadien Pacifique. Il a fondé la Maison Lacombe à Midnapore et recruté les Sœurs de la Providence pour y prodiguer des soins aux malades, aux pauvres et aux personnes âgées. Il a coordonné la construction de ponts, de moulins à grains, d’écoles et d’églises. Pour tout dire, le père Lacombe fut l’un des personnages les plus influents dans la transition de l’Ouest canadien d’un territoire peu peuplé (presque exclusivement d’autochtones et de marchands de fourrures) à un territoire organisé, défini par des lignes de levé et des voies ferrées et peuplé de plus en plus de colons euro-canadiens.

L’évêque Alexandre-Antonin Taché a nommé la colonie Saint-Albert en l’honneur du saint patron du père Lacombe, saint Albert de Louvain. Le religieux voulait initialement fonder sa mission au lac Sainte-Anne, mais la piètre qualité du sol l’a contraint à la déplacer à l’endroit qui devint Saint-Albert. Cet emplacement offrait plusieurs avantages, notamment une abondance de bois d’œuvre et d’eau à portée de main, des terres fertiles, une position sur le circuit des Amérindiens nomades et une proximité avec le fort Edmonton, où les prêtres achetaient les fournitures nécessaires et prêchaient aux travailleurs catholiques. Quelques années plus tard, un groupe de sœurs de la Charité a suivi Lacombe depuis le lac Sainte-Anne.

Au cours des années 1860, Saint-Albert a connu une croissance fulgurante. Malgré ses difficultés dues à des échecs agricoles et à des chasses au bison infructueuses, la communauté a produit suffisamment de récoltes et retenu assez l’attention pour attirer de nouveaux colons. D’autres familles métisses du lac Sainte-Anne sont arrivées en 1863 et, en décembre 1864, la population se chiffrait à environ 300. Au cours des années suivantes, des colons sont venus par centaines. En 1870, Saint-Albert comptait quelque 1 000 résidents, des Métis pour la plupart, qui maintenaient un style de vie hybride, combinant agriculture et chasse au bison. La division du territoire suivait le système de lots riverains, commun chez les Métis et les Canadiens français. L’élévation de Saint-Albert au rang de siège épiscopal en 1871 a rehaussé son prestige et entraîné un afflux de fonds, de travailleurs missionnaires et de visiteurs de marque. À peine 10 ans s’étaient écoulés depuis sa fondation, et Saint-Albert était devenu la colonie la plus peuplée et la plus importante sur le plan agricole entre la rivière Rouge et Vancouver.

Dans les décennies qui ont suivi, la population de Saint-Albert s’est diversifiée. Bien que les Métis y soient demeurés majoritaires, de plus en plus de Canadiens français et d’Ontariens anglophones se sont ajoutés. En raison de ces changements démographiques et du déclin de la population de bisons, l’agriculture s’est intensifiée dans le secteur. En 1885, la colonie reflétait la transformation qu’avait connue la majorité de l’Ouest canadien. Alors que le système de lots riverains, le district religieux de Mission Hill et l’importante population de colons métis témoignaient des racines de la collectivité, le nombre grandissant de colons non métis et l’intensification de l’agriculture pour soutenir son activité économique traduisaient l’évolution du nord-ouest, anciennement voué au commerce des fourrures et à la chasse au bison.

Saint-Albert a été constitué en village en 1904, a obtenu son statut de ville en 1962, puis est officiellement devenu une grande ville en 1977.

À la fin du 20e siècle et au début du 21e, on croyait à tort que la collectivité avait été nommée en l’honneur de saint Albert le Grand, en raison de renseignements erronés contenus dans The Black Robe’s Vision, l’histoire officielle de la ville publiée en 1985 par les historiens amateurs de la Société d’histoire de Saint-Albert. Ainsi, la Ville a présenté à tort saint Albert le Grand comme le saint patron de la collectivité, érigeant même une statue du mauvais saint au centre-ville. Cette méprise n’a été corrigée qu’en 2008. L’ancienne chapelle est devenue un site historique où des interprètes accueillent le public en été.

En juin 2009, le conseil municipal a approuvé un plan en plusieurs étapes pour les sites patrimoniaux comprenant la restauration des élévateurs à grains et l’ouverture de deux fermes, l’une métisse et l’autre canadienne-française, sur des lots adjacents près de la rivière.

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