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Les Opelousas

États-Unis

Ville natale du virtuose de l’accordéon Clifton Chenier, Les Opelousas mérite pleinement son titre de «capitale mondiale du zydeco».

En un coup d'oeil

Ville Les Opelousas
État Louisiane
Pays États-Unis
Population 22 860
Date de fondation 1720
Maire Reginald «Reggie» Tatum
Site touristique cityofopelousas.com/visitors/tourist-center
Site de la ville cityofopelousas.com

Siège de la paroisse de Saint-Landry, Les Opelousas comptait 22 860 habitants au recensement de 2000, ce qui en fait la troisième ville la plus populeuse de la région statistique de l’Acadiane. Avec une superficie d’à peine 12 km2, elle est la ville constituée en personne morale la plus densément peuplée de Louisiane.

Depuis 2000, Les Opelousas porte le titre de «capitale mondiale du zydeco». C’est là qu’est né Clifton Chenier (1925-1987), virtuose de l’accordéon sacré roi du zydeco et premier musicien à porter ce style musical sur la scène internationale. En 2014, il a reçu à titre posthume un prix Grammy soulignant l’ensemble de son œuvre.

La ville a été fondée par les Français vers 1720 comme base militaire et poste de traite avec le peuple amérindien des Appalousas. Gouverné d’abord par les Français puis les Espagnols, le territoire a aussi attiré des colons anglais, écossais, irlandais et allemands, mais aussi un grand nombre d’Acadiens victimes de la Déportation, qui s’établirent dans les bayous. Au cours du 18e siècle, des hommes et des femmes d’origine africaine, esclaves et affranchis, sont débarqués à leur tour.

Lors de la guerre de Sécession, Les Opelousas a brièvement été la capitale de la Louisiane confédérée d’Amérique. Après la guerre, la ville a connu une période de croissance et de prospérité grâce à l’expansion du réseau ferroviaire, qui l’a ouverte sur le reste du monde. Aujourd’hui, la ville vit principalement de l’agriculture, de l’exploitation pétrolière, de l’industrie manufacturière, de la vente en gros et du commerce de détail.

Les visiteurs sont charmés par l’architecture coloniale, les rues ombragées, la cuisine savoureuse et, bien entendu, la célèbre musique de cette ville au cachet historique. Le jour, rien de tel que de sillonner les rues et de goûter ce que la Louisiane a de meilleur à offrir, du célèbre duo boudin et craquelins maison aux plats créoles et cajuns les plus copieux. Pour terminer la journée en beauté, on foule les planches d’un des nombreux clubs de musique cajun ou de zydeco de la région, ou on passe la soirée au Casino Evangeline Downs.

Chaque année, le samedi précédant la fête du Travail, l’Original Southwest Louisiana Zydeco Music Festival se tient à Plaisance, près des Opelousas. Depuis 1982, ce festival d’un jour voué à la musique et à la culture créoles attire des milliers de visiteurs des États-Unis et du monde entier. Créé en juillet 2012, le district culturel des Opelousas fait partie du programme de districts culturels de la Louisiane.

Le site patrimonial national de la rivière aux Cannes compte trois sites de grande importance dans l’histoire de la Louisiane, deux parcs historiques nationaux, des plantations créoles ainsi que des musées.

Voie de la continuité historique entre la ville et la campagne, un parcours historique relie différents lieux témoins du passé sur près de 60 km : la Route du patrimoine national de la rivière aux Cannes sillonne un paysage rural façonné par l’architecture des plantations créoles françaises.

Histoire francophone

Les racines françaises des Opelousas remontent à la fondation de la colonie de la Louisiane par les Français en 1699. En 1719, le capitaine français Renault d’Hauterive dépêche une petite troupe en reconnaissance dans la région des Opelousas pour y asseoir le pouvoir de la France.

Les premiers Acadiens débarquent en 1765 en provenance d’Halifax, en Nouvelle-Écosse. Ils s’acclimatent aux conditions chaudes et humides de la Louisiane et tirent leur subsistance de la terre. Malgré les tentatives du gouvernement des États-Unis d’étouffer la culture, mais surtout la langue cajun dans le sud de la Louisiane, le fait cajun continue de s’épanouir pendant une bonne partie de la guerre de Sécession.

Or, après la Reconstruction, la culture cajun s’effrite peu à peu. Au début du 20e siècle, on interdit aux enfants de parler français à l’école, dans l’esprit de la politique du président Theodore Roosevelt d’«américaniser» tous les groupes ethniques vivant aux États-Unis. Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les élèves pris à parler français en classe ou dans la cour d’école sont sévèrement réprimandés et contraints d’écrire à maintes reprises au tableau : Il est interdit de parler français à l’école.

En 1944, les troupes américaines prennent d’assaut les plages françaises pour amorcer la libération de la France, avec en leur sein de nombreux Cajuns de la Louisiane dont la connaissance de la langue française joue un rôle déterminant dans la progression des forces américaines dans les terres françaises. De retour à la maison, ces Cajuns prennent conscience que leur culture et leur patrimoine, réprimés bien des années avant la guerre, ont contribué à renverser l’Allemagne. Soudain, on assiste à la renaissance du fait cajun.

En 1968, l’Assemblée législative de la Louisiane crée le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL), qui a pour mission de préserver la langue et la culture françaises héritées des ancêtres français et acadiens. Aujourd’hui, les gens des Opelousas perpétuent cet héritage pour garder la culture et la langue cajuns bien vivantes.

La ville des Opelousas est jumelée à Florennes, en Belgique. Des représentants des deux villes ont pris part à des échanges interculturels, notamment en 2001 et 2003. En juillet 2016, le maire des Opelousas, Reggie Tatum, s’est rendu à Aquin, en Haïti, pour conclure une entente en matière de santé, de développement économique et d’échanges culturels.

Dans la ville des Opelousas, on parle français dans plusieurs endroits publics. C’est le cas :

  • au Creole Heritage Folklife Center, qui invite les visiteurs à revivre les traditions de la communauté afro-américaine en compagnie de la folkloriste créole Rebecca Henry;
  • à l’église catholique Holy Ghost, fondée en 1920, qui accueille la plus importante congrégation catholique afro-américaine des États-Unis et est animée par une chorale gospel;
  • chez J. B. Sandoz, un arrêt incontournable pour les amateurs d’histoire et d’emplettes. Cette quincaillerie en activité depuis 1878 est le deuxième commerce à avoir ouvert ses portes aux Opelousas. Toujours exploitée par la famille Sandoz, elle propose divers accessoires de quincaillerie, articles ménagers et cadeaux;
  • au Vieux Village du poste des Opelousas, mis sur pied en 1988 par le comité municipal du tourisme et des loisirs. Différents bâtiments historiques provenant des quatre coins de la paroisse de Saint-Landry, notamment une école, un magasin, une église et un cabinet de médecin, ont été regroupés pour recréer ce charmant petit village d’antan;
  • au Louisiana Orphan Train Museum, géré par la Louisiana Orphan Train Society, qui se consacre à la collecte et à la préservation d’objets évoquant le sort des orphelins arrivés en Louisiane en provenance du New York Foundling Hospital entre 1873 et 1929.

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