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Loreauville

États-Unis

Dans le village de Loreauville, on célèbre autant la culture traditionnelle louisianaise que les racines acadiennes et françaises des habitants.

En un coup d'oeil

Ville Loreauville
État Louisiane
Pays États-Unis
Population 887
Fondateur Ozaire Loreau
Date de fondation 1871
Maire Brad Clifton
Site touristique iberiatravel.com
Site de la ville loreauville.us

Les gens de Loreauville ont longtemps vécu de la richesse du sol. Au fil des ans, de nouvelles industries, liées notamment au pétrole, au bois d’œuvre et à la construction navale, ont contribué à l’économie et à la prospérité du village.

Loreauville a fait beaucoup de chemin depuis sa fondation. Il a construit un nouvel hôtel de ville moderne, agrandi sa caserne de pompiers, s’est doté d’un centre de formation en plus d’ériger un nouveau château d’eau. On peut découvrir dans le village la culture traditionnelle louisianaise, l’industrie de la canne à sucre et des chantiers de construction navale. Des célébrations annuelles s’y tiennent, dont le Mardi gras et celle commémorant la légende du roi de zydeco, Clifton Chenier, sans oublier le concours de cuisine du pique-nique de l’église Saint-Joseph.

La région avoisinante compte plusieurs entreprises de construction navale, notamment Neuville Boat Works, inc., Breaux Brothers Enterprises, inc. et Breaux’s Bay Craft inc., ainsi que les fabricants de moteurs hors-bord en eaux peu profondes Gator-Tail et Pro-Drive, qu’on peut voir à l’émission Swamp People.

Histoire francophone

Les Acadiens et les Français ont façonné la naissance de Loreauville. Les Broussard et leurs quelque 200 proches formaient le premier groupe d’importance de réfugiés acadiens à atteindre la Louisiane. Arrivés sur le territoire des Attakapas en 1765, ils se sont établis le long du bayou Teche, à l’endroit qui allait devenir Loreauville. Leur chef, Joseph Broussard dit Beausoleil, fut nommé commandant des Acadiens. Au cours des mois suivants, ils ont négocié avec un grand propriétaire terrien du coin, Antoine-Bertrand Dauterive, un accord d’élevage de bétail qu’on appelle aujourd’hui le Dauterive Cattle Compact.

Plutôt que de fonder un seul village ou d’élever du bétail pour Dauterive, les Acadiens ont construit leurs maisons le long de la rive du Teche dans ce que Jean-François, le prêtre qui les accompagnait, a appelé la Nouvelle-Acadie. Beaucoup d’entre eux ont succombé à une épidémie virulente (peut-être la fièvre jaune). Ayant survécu à des années de combat contre les Britanniques et enduré les misères de l’emprisonnement, de la Déportation et de l’exil forcé, Joseph Broussard dit Beausoleil est décédé le 20 octobre 1765. Il a été inhumé chez lui, un endroit que Jean-François appelait Beausoleil.

Deux cent cinquante ans plus tard, on ignore toujours où se trouvent les tombes de Joseph Broussard dit Beausoleil, de son frère Alexandre et des autres émigrés acadiens ayant voyagé avec eux. L’emplacement des sites d’implantation de la colonie de Nouvelle-Acadie de 1765 a également été oublié. Certains de ces endroits ont pu être labourés pour cultiver la canne à sucre au fil des siècles, voire recouverts de béton, d’asphalte ou autre.

Le Projet Nouvelle-Acadie, une initiative archéologique et historique, étudie Loreauville et ses environs pour trouver les sépultures de ces premiers Acadiens, qui comptent plus de 500 000 descendants cadiens en Louisiane et aux quatre coins du monde. L’identification des sites pourrait contribuer à la découverte du lieu d’inhumation de Beausoleil et des premiers Acadiens à s’établir en Nouvelle-Acadie. En 2016, on prévoit l’excavation de sépultures anonymes et de zones d’intérêt avoisinantes pour localiser des lots de colonisation datant du 18e siècle.

Loreauville s’est d’abord appelée Picouville, en l’honneur de la famille Picou. À cette époque, il s’agissait principalement d’un centre agricole. Le 15 avril 1871, on a changé son nom pour Loreauville afin de rendre hommage à Ozaire Loreau, qui a financé la vieille église catholique et le cimetière et contribué à l’expansion agricole, industrielle et politique du village. Les autres propriétaires fonciers du quartier étaient principalement français, mais des Acadiens s’y sont plus tard installés.

Le village a ensuite connu une croissance industrielle, qui s’est amorcée avec l’achèvement en 1899 d’un pont enjambant le Teche. Au moment de sa constitution en municipalité le 23 avril 1910, Loreauville comptait 291 habitants. Son premier maire fut C. F. Berard.

Adrien Gonsoulin et son gendre, John Walet, ont joué un rôle de premier plan dans la croissance du village. Gonsoulin y a construit la première voie ferrée pour transporter sa canne à sucre de sa plantation à sa raffinerie. Il possédait aussi une scierie et une épicerie et employait de nombreux concitoyens. Propriétaire d’un magasin, d’une égreneuse de coton et de vastes terres dans cette région, John Walet était également membre du conseil scolaire et exerçait une influence considérable sur la vie et la croissance de la collectivité.

En octobre 2015, à l’occasion de la journée de célébration de Loreauville dans le cadre du Grand Réveil acadien marquant le 250e anniversaire de l’arrivée des Acadiens en Louisiane, des plans ont été présentés pour la conception d’un monument en hommage à l’Odyssée acadienne, d’un parc commémoratif et d’un quai flottant avec accès au bayou pour les pagayeurs à Loreauville. La création d’un sentier du patrimoine doté de repères historiques attirera les visiteurs d’outre-mer et les locaux.

Autre figure francophone d’importance, Clifton Chenier, le roi du zydeco, était propriétaire du Clifton Chenier Club à Loreauville et chantait en créole français. Le neveu de Chenier gère désormais la boîte de nuit. En juin de chaque année, il organise une célébration pour honorer l’héritage musical de son oncle.

Loreauville compte encore des francophones et les noms de beaucoup de ses habitants sont français.

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