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Kansas City

États-Unis

Ville « ouverte et invitante » au dire du Lonely Planet, Kansas City, au Missouri, figure parmi les destinations américaines favorites du renommé guide touristique. Habitée majoritairement par des Français à ses débuts, la « ville des fontaines » possède un riche héritage francophone.

En un coup d'oeil

Ville Kansas City
État Missouri
Pays États-Unis
Population 2 100 000
Fondateur John Calvin McCoy
Date de fondation 1821
Maire Sylvester «Sly» James, Jr.
Site touristique visitKC.com
Site de la ville kcmo.gov

Située au cœur des États-Unis, cette ville de 2,1 millions d’habitants s’est bâti une réputation d’accueil incomparable.

Forgée par une riche histoire remontant à 1821, la « ville des fontaines » a tout ce qu’il faut pour séduire les touristes du monde entier, notamment une gastronomie éclectique, du jazz entraînant, des musées uniques et une scène artistique et culturelle en ébullition. Le charme de la ville provient en partie de son impressionnant réseau de parcs et de boulevards et, évidemment, de ses superbes fontaines, au nombre de plus de 200. Son héritage de jazz de renommée mondiale se transmet encore aujourd’hui dans plus de 40 boîtes de nuit aux quatre coins de la ville. Les amateurs de barbecue sont comblés par plus de 100 établissements spécialisés, mais les autres visiteurs ne sont pas en reste, puisque la palette gastronomique de Kansas City est des plus cosmopolites.

Grâce au dynamisme de ses artistes en arts visuels et de la scène, Kansas City est un véritable épicentre culturel dans le Midwest. Une centaine de galeries d’art et d’espaces d’exposition, dont plus de la moitié sont regroupés dans le dynamique quartier du Carrefour des arts, attendent les visiteurs. Nouvellement agrandi, le Musée d’art Nelson-Atkins vaut sans contredit le détour. La présence de 65 troupes assure l’effervescence des arts de la scène. Quant au saisissant Centre Kauffman pour les arts du spectacle, il accueille les renommés corps de ballet, orchestre symphonique et compagnie d’opéra de la ville qui produisent un répertoire éclectique de performances classiques.

Du premier studio d’animation de Walt Disney au siège social de la société Hallmark, Kansas City abrite un éventail impressionnant d’« attractions culturelles branchées », selon le magazine Essence. Les galeries du Musée des ligues afro-américaines de baseball qui incitent à la réflexion, les sentiers des pionniers vers l’Ouest, le seul musée de la Première Guerre mondiale aux États-Unis ou encore les traces de l’histoire de Jesse James, du président Harry Truman et de l’aviatrice Amelia Earhart : voilà autant d’attractions typiquement américaines qui font de Kansas City une destination de choix.

Nul besoin d’être riche pour s’offrir un séjour dans cette ville. Comme son aéroport n’est une plaque tournante pour aucune compagnie aérienne, la concurrence entre les transporteurs maintient les prix bas. Quand on compare les coûts d’hébergement, de restauration et d’autres services, Kansas City n’a rien à envier à ses concurrentes. Pas étonnant qu’elle ait été nommée quatre ans de suite la destination la plus abordable aux États-Unis par Travel + Leisure.

Histoire francophone

De nombreux faits d’importance rappellent la présence ancienne de francophones dans la région de Kansas City. Par une série d’imposants marqueurs historiques bilingues (français et anglais) installés au centre-ville et dans les quartiers de Westport et de Loose Park pour commémorer des sites et des événements, la Chouteau Society a su préserver la mémoire du riche héritage français de la ville. La période française du dynamique établissement élevé au cœur de la Première Nation kansa couvre près de deux siècles et demi, du milieu des années 1600 aux années 1840.

En référence aux Kansas (ou Kaws, ou Canses), qui étaient intimement liés aux Osages, Pierre Esprit Radisson (possiblement né à Paris) a fait allusion en 1659 à une nation « de taille et de force extraordinaires » vivant en amont du fleuve Missouri. Les cartes de 1674 du père Jacques Marquette situent les Kaws près de leur emplacement historique, à la frontière actuelle des États du Kansas et du Missouri. Certains compagnons de Robert Cavelier de La Salle ont d’ailleurs écrit sur les Osages en 1687.

Le premier visiteur français documenté dans la région de l’actuelle ville de Kansas City a été Étienne de Veniard, sieur de Bourgmont, qui a remonté le fleuve Missouri en 1714, décrivant les tribus amérindiennes rencontrées et cartographiant soigneusement la route. Il a été le premier Blanc à voir la rivière Kansas, qu’il a nommée la « Grande Rivière des Canses ». On surnommait alors Kawsmouth la confluence de la rivière Kansas et du fleuve Missouri. Selon la légende, les Kansas/Canses étaient également appelés « peuple de l’eau » par les explorateurs, trappeurs et voyageurs français.

Guillaume Delisle, un cartographe parisien renommé pour ses cartes précises de l’Amérique nouvellement explorée, a inscrit en 1718 la Première Nation kansa sur une carte pour la première fois. Il a situé plusieurs villages canses dans le « pays des Osages », au cœur du Nouveau Monde.

En 1724, le sieur de Bourgmont, émissaire du roi de France Louis XV, a négocié un traité avec les tribus comanches pour ouvrir la route vers Santa Fe. Selon la tradition orale, les chefs kansas l’auraient pris sous leur aile pour faire de lui un fin négociateur.

L’intérêt français pour les échanges avec les Kaws s’est poursuivi après les explorations de Bourgmont. Construit en 1744 pour faciliter le commerce avec les Kansas et les Espagnols de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, le fort Cavagnial est resté occupé jusqu’à la fin de la Nouvelle-France en 1763.

Autour de 1799, les commerçants et les fermiers francophones ont commencé à remonter la rivière depuis les colonies françaises du « pays des Illinois » et la vallée du Saint-Laurent. Ils se sont installés dans l’actuel quartier de West Bottoms, qu’on appelait à l’époque « French Bottoms », berceau de Kansas City.

En 1821, François Chouteau est arrivé de Saint-Louis à Kawsmouth avec sa jeune femme Bérénice, fille de Pierre Ménard, natif de la région de Montréal et premier lieutenant-gouverneur de l’Illinois. Chouteau a par la suite édifié un empire commercial dans le domaine de la fourrure et a été reconnu pour ses nombreuses initiatives en tant que « père » de Kansas City.

En 1835, la communauté a construit une église en rondins dédiée à saint Jean-François Régis sur un lopin de terre offert par Pierre La Liberté. Le père Bénédict Roux devint le curé de la paroisse.

La ville de Kansas City a été établie sur la ferme de Gabriel Prudhomme, un Canadien français. En 1838, sept ans après sa mort, 14 investisseurs ont acheté sa terre comme lotissement initial. S’étendant sur 257 acres, la ferme Prudhomme possédait également une corniche rocheuse d’où il exploitait un traversier.

Au fil des ans, les Français, qui formaient la quasi-totalité de la population de Kansas City jusqu’aux alentours de 1844, ont été enterrés au cimetière de l’église, le premier de Kansas City. Il s’appelle aujourd’hui le Vieux Cimetière français. Une des tombes les plus intéressantes est celle de Jacques Fournais dit « Vieux Pino », un natif de Trois-Rivières; il a vécu jusqu’à 124 ans et a été témoin de la bataille des plaines d’Abraham en septembre 1759, alors que, âgé de 12 ans, il fendait du bois avec son père à Québec.

Si les Amérindiens appelaient la nouvelle communauté française le « Village à Chouteau », ses habitants non autochtones l’appelaient tout simplement « le camp ». La colonie grandissante est devenue le village de Kansas, puis la ville de Kansas, et enfin Kansas City.

Selon toute vraisemblance, en 1840, Pierre Jean de Smet, un missionnaire belge fasciné par les grandes plaines, a fait un remarquable croquis d’un village kansa et de ses typiques maisons rondes en terre. Publiée pour la première fois en 1865, la gravure se trouve aujourd’hui facilement sur le Web.

Le drapeau tricolore (bleu, blanc, rouge) de Kansas City rappelle les origines françaises de cette ville du cœur du continent, à mi-chemin entre Québec et La Nouvelle-Orléans. À l’instar de Paris, les fontaines font partie de l’identité et de la culture de Kansas City. Sites paisibles par excellence qui rehaussent la beauté de la ville, elles invitent au repos. La majestueuse image d’une fontaine stylisée sur le drapeau municipal étend cette invitation à toutes et à tous. Le nombre incalculable de fontaines du Grand Kansas City (on en ajoute continuellement) lui confère un caractère distinctif qui, combiné à ses origines françaises, multiplie les possibilités économiques.

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