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Jeanerette

États-Unis

Sise dans la paroisse d’Ibérie, sur les rives du magnifique bayou Teche, Jeanerette possède une riche et pittoresque histoire, liée de près à la canne à sucre.

En un coup d'oeil

Ville Jeanerette
État Louisiane
Pays États-Unis
Population 5 530
Fondateur John W. Jeanerette
Date de fondation 1878
Mairesse April Foulcard
Site touristique iberiatravel.com
Site de la ville jeanerette.com

Connue comme la « ville du sucre », Jeanerette a une riche histoire agricole : la canne à sucre est le fer de lance de sa croissance économique depuis 200 ans. Deux raffineries sont encore en exploitation dans la région. Jeanerette accueille également des fabricants de machines et d’équipement pour la culture, la récolte et la transformation de la canne à sucre. Outre cette culture, l’activité agricole repose notamment sur l’élevage de bétail, la pisciculture, la culture maraîchère extensive et celle du riz, des noix de pécan et des fruits. D’autres sources de revenus contribuent au développement économique de la collectivité, notamment le pétrole, le gaz, le sel, les usines de noir de carbone et la pêche en eau salée et en eau douce. Jeanerette possède un aéroport municipal répondant aux besoins d’une des plus importantes activités d’épandage aérien et de semis par avion au monde.

Le Musée de Jeanerette, aussi appelé Le Beau Petit Musée, préserve l’histoire de la ville et de ses environs, protégeant les artéfacts historiques et les objets exposés. Le musée est lui-même un exemple à petite échelle de la vie au début du 20e siècle le long du bayou Teche. Il met en vedette le développement de l’industrie sucrière au cours des 200 dernières années à l’aide d’expositions, de vidéos et d’une plantation de canne à sucre à l’extérieur.

Un autre lieu d’intérêt est la Boulangerie LeJeune, construite en 1814 par Oscar LeJeune et classée au Registre des lieux historiques du gouvernement des États-Unis.

La Maison Harry B. Hewes est la résidence historique d’un des fondateurs de l’entreprise Jeanerette Lumber and Cypress, qui coupait du bois d’œuvre de 1894 à 1925. La scierie était située tout près, sur le site du parc municipal, le long du bayou Teche. Hewes a également construit l’Amy Hewes, un bateau à vapeur à roues à aubes baptisé du nom de sa fille, qui a navigué sur le bayou jusqu’à la fin des années 1940.

Jeanerette abrite trois célèbres manoirs de planteurs qui sont inscrits au Registre des lieux historiques du gouvernement des États-Unis : Bayside, Alice et Albania. Ce dernier appartient à Hunt Slonem, l'artiste renommé new-yorkais qui a créé la peinture en quadrillé. Les manoirs sont fermés au public.

Dans la rue Cooper se trouve le café d’Anatole et Jennifer Larroque. Rajeuni par 13 mois de rénovations, cet ancien bâtiment de maçonnerie des services publics de la Louisiane offre du thé et du café de qualité, des pâtisseries et le repas du midi.

Dans le cadre du Mardi gras, la communauté de Grand Marais organise un défilé et des danses mettant en vedette un concours du costume le plus laid. Chaque automne, résidents et visiteurs dansent dans les rues pendant le Festival Jeanerette Live!, qui offre des mets savoureux, des activités pour les enfants et des spectacles de musique cadienne, zydeco et autres.

Histoire francophone

Jeanerette faisait partie d’une région limitrophe entre deux groupes amérindiens d’importance : les Attakapas et les Chitimachas. D’après les American State Papers, c’est Pierre Zerangue qui a obtenu la terre où se trouve Jeanerette aujourd’hui. Il a reçu une « ordonnance de levé et de colonisation » de l’Espagne pour 1 052 acres. La loi espagnole prévoyait qu’un homme qui avait occupé un lot pendant deux ans pouvait en demander le titre en vertu d’une telle ordonnance. Trois autres parties ont reçu des terres de façon similaire, mais Nicholas Provost, connu comme le « père de Jeanerette », a fini par devenir le maître de toutes. Les 3 000 acres de la plantation de Provost s’étendaient de la limite actuelle de la paroisse de Sainte-Marie jusqu’au Centre de recherche de l’Université d’État de Louisiane (LSU) en Ibérie à l’ouest, et du bayou Teche au chemin des Quarante Arpents au sud.

Né vers 1743 en Illinois, Provost était le fils de Nicholas Provost, de Paris, et de Marie Françoise Quebedeaux-Provost, de l'Illinois. Il déménagea à Saint-Domingue, puis s’installa ensuite en Louisiane en 1780, où il épousa Marie-Jeanne Prévost le 1er avril 1785 à Saint-Martinville. Huit enfants vivants sont nés de cette union. Provost se consacra à la culture de la canne à sucre jusqu’à sa mort en 1816. Son patrimoine, évalué à plus de 100 000 $ et comprenant 75 esclaves, fut alors divisé entre ses héritiers. Nicholas Provost est inhumé sur le terrain du Musée de Jeanerette. La croix sur sa tombe est un don de Camille Provost, son arrière-arrière-petit-fils.

En face du pont Bayside se trouvait une taverne appartenant au Dr John W. Jeanerette, un natif de la France. Elle formait, avec d’autres bâtiments, des magasins et un atelier de forgeron ce qui était connu sous le nom de Chicot noir. La division de la plantation Provost a entraîné le déplacement vers l’est de la colonie. Le Dr Jeanerette est devenu promoteur et s’est consacré à la vente de terrains agricoles et résidentiels. Cette vente a attiré de nombreux immigrants, assurant ainsi la croissance de la région.

Malgré les pressions pour nommer la ville Richardsonville, en l’honneur de Francis Richardson, propriétaire et bâtisseur de Bayside, ou Provostville, en hommage à la famille Provost, l’administration des postes a choisi Jeanerette, du nom de son premier maître de poste, le Dr John Jeanerette.

Joseph E. Provost a été le premier maire de Jeanerette, constituée en municipalité en 1878. Au fil des ans, la petite localité agglomérée autour d’une scierie est devenue une importante collectivité industrielle. Aujourd’hui, les maisons d’avant la guerre de Sécession dans la ville et aux alentours rappellent la période faste pendant laquelle les industries du sucre et du sciage de cyprès étaient le gagne-pain de ses habitants.

Le père Bardy, un prêtre français, fut un des premiers pasteurs de l’église Saint-Jean-l’Évangéliste.

La plantation Alice (vers 1816) a été construite par le planteur Agricole Fuselier de la Claire, fils de Gabriel Fuselier de la Claire, originaire de Lyon en France et administrateur civil et militaire du secteur des Opelousas, en Louisiane espagnole.

Charles Larroque, directeur du Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL), est né à Jeanerette. Il a créé et coproduit une série documentaire en 13 épisodes télédiffusée par la Louisiana Public Broadcasting, Gumb-Oh! Là! Là!, qu’il décrit comme un « témoignage irréfutable de la persévérance de la culture française en Louisiane au 21e siècle ».

Inscrite au Registre des lieux historiques du gouvernement des États-Unis, la boulangerie LeJeune est gérée par la cinquième génération de la famille LeJeune, qui utilise la même recette de pain croûté depuis 1884 .

Construite en 1890 avec de vieilles briques de la briqueterie du Suisse Antoine Moresi, la vieille Fonderie Moresi fabrique encore des machines pour les raffineries de sucre.

Jeanerette a beaucoup de liens familiaux avec la France et la Nouvelle-Écosse. La ville compte encore des francophones et de nombreuses familles portent un nom d’origine française. Le français occupe également une place de choix dans les noms de rues et d’entreprises. Beaucoup de francophones s’y rendent pour acheter du pain croûté chez LeJeune et visiter le musée.

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