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Hearst

Canada

Petite communauté majoritairement francophone du nord de l’Ontario, Hearst se situe à mi-chemin entre l’irréductible village gaulois et le village western.

En un coup d'oeil

Ville Hearst
Province Ontario
Pays Canada
Population 5020
Date de fondation 1914
Maire Roger Sigouin
Site de la ville hearst.ca


Grue géante de la scierie Tembec

Hearst est une commune rurale d’un peu plus de 5 000 habitants, dont 90 % sont francophones. En raison de son isolement relatif et des grandes distances la séparant des centres urbains tels que Timmins, North Bay, Thunder Bay et Sudbury, la communauté constitue un centre de référence régional pour une population beaucoup plus importante, estimée à 10 000 habitants. Elle fournit des services d’études postsecondaires, de santé, d’affaires, sociaux et financiers.

En tant que gouvernement local, la Municipalité est responsable de la prestation d’une vaste gamme de services : eau potable, collecte et traitement des eaux usées, services de drainage et de routes, élimination des déchets et recyclage, protection contre les incendies, loisirs, soins de longue durée, établissements de garde d’enfants, aménagement du territoire, application des règlements provinciaux (lorsque mandatée) et locaux, installations aéroportuaires municipales et services administratifs et financiers (tels que la comptabilité et la taxation). Elle contribue également financièrement aux services à vocation régionale tels que la police et l’assistance sociale.

À l’échelle locale, la Ville soutient de nombreux organismes communautaires qui mettent sur pied des événements d’intérêt, qu’ils soient culturels, sociaux, éducatifs ou caritatifs. Elle est un leader dans la préservation et l’amélioration des services augmentant la qualité de vie des résidents, et promeut la stabilité économique et la durabilité de ses secteurs commerciaux et industriels. Elle collabore également avec des organisations locales lorsque des occasions se présentent de renforcer son économie et de favoriser la rétention et la croissance de ses entreprises.


Angolly's Ranch

Histoire francophone

Comme pour la plupart des communautés du nord de l’Ontario, c’est l’arrivée du chemin de fer qui marque véritablement les débuts de l’établissement de colons de descendance européenne à Hearst. Le National Transcontinental (devenu le Canadien National [CN]) y arrive en 1912, et l’Algoma Central and Hudson Bay Railway (ACR), en 1914. Jusqu’aux années 1930, Hearst constitue un centre ferroviaire important.

Le gouvernement ontarien promeut la colonisation en vantant les mérites agricoles et forestiers du nord de l’Ontario. Dans la région de Hearst, cette publicité attire beaucoup de migrants d’Europe de l’Est et de Scandinavie, auxquels s’ajoutent des gens de descendance britannique et canadienne-française. À la même époque, l’Église catholique du Canada français encourage ses fidèles à propager la foi catholique et la langue française en s’installant notamment dans le Nord ontarien.

En tant que grand propriétaire terrien, l’ACR favorise le développement de l’industrie forestière. Dans la région immédiate de Hearst, la compagnie ferroviaire possède le canton Way; elle le divise en « lots » qu’elle vend aux gens cherchant des terres à bois. Elle vend aussi des cantons entiers à des compagnies américaines, comme la Newaygo Forest Products. L’industrie forestière se taille donc une place prépondérante dans l’économie et offre de l’emploi à une bonne partie de la population.

Au moment de son incorporation en 1922, le village compte 573 habitants. À partir des années 1930, de petits entrepreneurs forestiers obtiennent de minuscules concessions forestières sur les terres de la Couronne. Les premiers sont Noé et Zacharie Fontaine, Adelard Haman, Arthur Lecours et Georges Lecours. Le bois récolté leur permet de faire fonctionner de petits moulins à scie quelques mois par année. Ils vendent une partie de leur production aux papetières américaines ou aux compagnies minières de la région de Timmins. Jusqu’aux années 1950, la viabilité économique de Hearst repose d’abord sur l’exportation de bois à pâte.

Par la suite, le gouvernement ontarien interdit l’exportation à l’état brut de bois provenant des terres de la Couronne. Cette politique permet à l’industrie du bois de sciage de prendre son essor et donne à Hearst son caractère unique. Alors que les scieries familiales (Fontaine, Gosselin, Lecours, Levesque et Selin) se développent et prospèrent, on assiste en 1962 à l’ouverture de l’usine de contreplaqués Levesque Plywood (aujourd’hui Columbia Forest Products).

Entre 1941 et 1981, la population passe de 995 à 5 533 personnes. Cette augmentation fera de Hearst une ville ayant l’une des plus fortes proportions de francophones en Ontario (88,1 % en 2011). Alors que pendant les premières décennies, les anglophones et les migrants nouvellement arrivés au pays détenaient la plupart des entreprises et des commerces de la ville, à la fin des années 1960, ce sont les francophones que l’on trouve majoritairement dans ces secteurs.

En 1944, un groupe de Franco-Ontariens fonde la Caisse populaire. Géré depuis sa fondation par la communauté protestante, l’hôpital St. Paul est vendu en 1953 aux Sœurs de la Providence et devient l’Hôpital Notre-Dame. La même année, Mgr Louis Levesque, évêque de Hearst, fonde le Petit Séminaire de Hearst, aujourd’hui l’Université de Hearst. Tout en formant les professionnels dont la région a grandement besoin, cette institution contribue à la mise en valeur du caractère francophone de la communauté; elle participe notamment à l’effervescence culturelle qui marque l’ensemble de la francophonie ontarienne pendant les années 1970. L’hebdomadaire francophone Le Nord est fondé en 1976, le Conseil des arts en 1977, la radio communautaire CINN-FM entre en ondes en 1988, et deux maisons d’édition, Le Nordir et les Éditions Cantinales, naissent quelques années après.

Depuis 1985, les ventes d’entreprises familiales et les fermetures d’usines ont transformé la physionomie de l’industrie forestière de la région de Hearst. Celle-ci demeure néanmoins l’un des plus importants moteurs économiques de la ville.

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