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Cornwall

Ontario, Canada

Cornwall a d’abord été colonisée en 1784 par des loyalistes de l’Empire uni, soit les officiers du premier bataillon du King’s Royal Regiment of New York et du contingent du 84th Royal Highland Emigrants, ainsi que leurs familles.

En un coup d'oeil

Ville Cornwall
Province Ontario
Pays Canada
Population 46 340
Fondateur Loyalistes de l’Empire uni
Date de fondation 1784
Maire Leslie O’Shaughnessy
Site touristique cornwalltourism.com
Site de la ville cornwall.ca

Une colonie de loyalistes
Cornwall a d’abord été colonisée en 1784 par des loyalistes de l’Empire uni, soit les officiers du premier bataillon du King’s Royal Regiment of New York et du contingent du 84th Royal Highland Emigrants, ainsi que leurs familles. Ces soldats dispersés et réfugiés loyalistes, menés par le lieutenant-colonel sir John Johnson, sont arrivés en cette magnifique terre fertile avec l’intention de refaire leur vie. Après avoir combattu pendant des années au nom de la Grande-Bretagne dans le nord de New York et du Vermont lors de la guerre de l’Indépendance, ils souhaitaient maintenant s’installer et prospérer sur les terres octroyées par la Couronne en récompense de leurs loyaux services.

Guerre de 1812
Grâce à son emplacement stratégique, Cornwall fut une ville de garnison et un poste de communications et d’approvisionnement pendant la guerre de 1812. Tout près de la ferme Crysler, les loyalistes ont réussi à repousser les troupes américaines dans l’une des plus célèbres batailles de cette guerre. Peu de temps après sa fondation, Cornwall est devenue un centre administratif de l’est de l’Ontario, contribuant largement au développement de la province.

John Strachan et John Sandfield MacDonald
Sous l’influence du maître d’école John Strachan (premier évêque anglican du Haut-Canada), Cornwall est devenue le centre d’influence scolaire et politique du « Pacte de famille la classe dirigeante de l’Ontario jusqu’aux années 1850. Un des diplômés de l’école dirigée par Strachan, John Sandfield MacDonald, fut le premier premier ministre de l’Ontario. Cornwall est l’un des plus anciens établissements permanents de l’Ontario, comme en témoigne sa riche et vivante histoire. En 1984, la ville a d’ailleurs rendu hommage à son patrimoine bicentenaire dans le cadre de festivités qui ont duré toute une année. Cet anniversaire fut souligné par divers événements, dont la publication d’un livre de 500 pages intitulé From Royal Township to Industrial City, qui esquissait en détail le passé unique de Cornwall.

Un centre industriel
La deuxième moitié du 19e siècle, époque où la ville devenait un centre industriel important dans l’est de l’Ontario, a été marquante dans l’histoire de Cornwall.

La construction du canal de Cornwall de 1834 à 1842 a fourni le transport et l’énergie hydraulique nécessaires à de nombreux moulins, et plus tard, aux usines de produits textiles qui se sont installées au bord de l’eau.

Meuneries, tanneries et filatures de laine cardée ne tardèrent pas à s’établir sur les sites industriels aménagés au milieu des années 1840. Les manufactures de coton Canada, Stormont et Dundas furent parmi les premières grandes usines à s’installer à Cornwall.

La croissance précoce du secteur industriel de la ville peut être attribuée à plusieurs facteurs qui continuent d’y attirer des industriels encore aujourd’hui : une énergie hydraulique illimitée, la proximité de Montréal, qui constitue un marché important, et beaucoup de main-d’œuvre. C’est dans ce contexte foisonnant qu’un événement historique a eu lieu en avril 1883 : l’installation d’éclairage artificiel au Canada Cotton Mill. Une autre période de croissance stupéfiante s’est produite de 1921 à 1931 : la population de Cornwall a augmenté de 50 %. Cette époque a notamment été marquée par l’établissement de l’usine de fabrication de rayonne Courtaulds Canada Inc. et par celui, en 1935, d’une autre grosse usine, CIL, qui deviendrait ICI.

Voie maritime du Saint-Laurent
La croissance soutenue de Cornwall s’est poursuivie dans les années 1950 avec la construction de la Voie maritime du Saint-Laurent, commencée le 10 août 1954 et terminée à la fête du Canada le 1er juillet 1958. Des milliers de badauds ont assisté à l’explosion de trente tonnes de dynamite lors de la destruction du dernier batardeau, laquelle a entraîné l’inondation du lit fluvial et du lac St. Lawrence. Cet événement historique a amené le développement du plus gros barrage hydroélectrique au monde. Depuis des décennies, l’économie de Cornwall a continué de croître et de changer. Aujourd’hui, c’est une ville moderne avec une économie très diversifiée qui inclut les secteurs primaires, secondaires et tertiaires.

Histoire francophone

ILe premier registre qui atteste une présence francophone à Cornwall remonte à 1829 et indique que 74 des 812 habitants de la ville avaient des origines françaises. Lors d’un recensement qui eut lieu vingt ans plus tard, ce chiffre était passé à 967.

La première grande vague de francophones afflua dans la région de Cornwall entre 1870 et 1890, après l’ouverture d’usines de textiles et de papiers, l’industrialisation de la ville amenant des occasions d’emploi.

Depuis, la communauté francophone de Cornwall contribue à donner à la ville son caractère bilingue tout à fait unique.

En 1881, les francophones constituaient déjà la plus grande partie de la population de la ville. Aidée d’institutions religieuses et scolaires, dont l’église de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, la communauté francophone a pu croître continuellement pendant plusieurs dizaines d’années. De plus en plus, elle affirmait ses particularités culturelles, veillant notamment à préserver de l’éducation et de la langue françaises.

La communauté francophone de Cornwall s’est d’abord formée autour de la Nativity Roman Catholic Church, construite de 1887 à 1892 selon les plans fournis par le prêtre de la paroisse, le père P.A. DeSaunhac. La toute première messe y fut célébrée le jour de Noël 1891.

C’était l’église de la première paroisse francophone de Cornwall, érigée exprès pour les nombreux Canadiens français attirés dans cette ville par le développement rapide de l’industrie du textile. Elle existe encore aujourd’hui sous le nom de la Cocathédrale de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie. L’imposante façade sud, formée d’une haute tour de pierre surmontée d’une aiguille de charpente, se situe au fond d’une vaste avant-court donnant sur la route Montreal.

Les habitants de Cornwall ont élu leur premier maire francophone, Angus Lalonde, en 1904.

Les efforts de longue haleine consacrés à la préservation et à l’avancement des droits et des intérêts de la communauté ont conduit, en 1974, à l’ouverture de La Citadelle, la première école secondaire entièrement francophone de la région.

De plus, des festivals et événements annuels soulignent la contribution des francophones au patrimoine de Cornwall. La Semaine française a marqué les décennies 1950 et 1960. Les francophones s’y réunissaient pour honorer leurs riches traditions. Ces événements ont soulevé une vague de sympathie pour les communautés francophones du pays, à une époque où elles vivaient en petits groupes minoritaires disséminés un peu partout. La Semaine française s’est perpétuée du début des années 1960 à 1999 à Cornwall, pour revenir en 2015 après un court hiatus. Les célébrations francophones de Cornwall, qu’on surnomme la « Seaway City », ont inspiré, dans les années 1960, les autres communautés francophones hors Québec à développer un plus grand sentiment d’appartenance et à créer des événements similaires, notamment les Acadiens dans les Maritimes et les Manitobains.

Divers groupes et organisations viennent renforcer la communauté, comme le Centre culturel de Cornwall, dont le mandat est de rassembler les francophones des environs pour célébrer leur héritage par une foule de programmes et d’événements spéciaux.

La station CHOD-FM, connue sous le nom de 92.1 FM EST ONTARIEN, est une station de radio francophone communautaire sans but lucratif établie à Cornwall et administrée par la coopérative de la Radio communautaire Cornwall-Alexandria. Elle a obtenu une licence du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes le 24 février 1993 et est entrée en ondes le 1er mai 1994.

Le Club Richelieu Cornwall a été le fer de lance de la création d’un monument de 100 000 $ rendant hommage à la contribution des francophones de Cornwall au patrimoine canadien-français. Situé près de l’intersection des rues Water et Race, ce monument, un drapeau franco-ontarien de 4,5 m sur 9 m accroché à un poteau de 24 m de haut, en rappelle d’autres construits à Casselman, Ottawa et Sudbury. Plus d’un millier d’élèves des écoles de Cornwall et des environs soulignent chaque année le jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes par des événements spéciaux qui culminent dans un défilé dont le point d’arrivée est le monument.

Parmi les piliers de la communauté francophone se trouve Huguette Burroughs, qui a contribué à préserver la langue française en faisant connaître son histoire grâce aux articles qu’elle publiait chaque semaine dans Le Journal de Cornwall. Elle fut une fière défenderesse des droits des femmes et des francophones. Même après avoir perdu la vue à l’âge de 32 ans, elle a continué à militer et à soutenir la collectivité, pour enfin être élue au conseil de ville en 2003.

Gérald Samson, un ancien surintendant scolaire de Cornwall, a quant à lui milité pour la fondation de l’école secondaire francophone publique L’Héritage. Par ailleurs, il s’est beaucoup investi dans le Festival of Hope et le diocèse Alexandria-Cornwall. Il est actuellement président du comité de sélection de la fondation Trillium de l’Ontario de Champlain.

Lionel Chevrier a gagné sa première élection à titre de candidat libéral fédéral dans la circonscription de Stormont en 1935, où il a été réélu en 1940, 1945, 1949 et 1953. Il a démissionné en 1954, lorsqu’il est devenu le premier président de l’Administration de la Voie maritime du Saint-Laurent. De retour en politique, il a été réélu en 1957 dans la circonscription de Laurier, au Québec, où il a été à nouveau élu en 1958, 1962 et 1963. De 1943 à 1945, il a été adjoint parlementaire du ministre des Munitions et de l’Approvisionnement, puis, de 1945 à 1954, il a occupé le poste de ministre des Transports. Il a présidé le Conseil privé de la Reine pour le Canada du 25 avril au 20 juin 1957. En 1963 et 1964, il a été ministre de la Justice et procureur général du Canada. De 1957 à 1963, il était leader parlementaire de l’opposition officielle et chef du Parti libéral du Canada. Il a démissionné de la Chambre des communes en 1964 pour devenir Haut-Commissaire du Canada à Londres.

Jeannine Séguin a mené la charge qui a vu naître la première école secondaire francophone de Cornwall, La Citadelle, qu’elle a dirigée de 1973 à 1980. Elle a présidé l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens en 1973 et 1974 et l’Association canadienne-française de l’Ontario de 1978 à 1980. Elle a également été présidente de la Fédération des francophones hors Québec de 1980 à 1983, organisation qui est aujourd’hui connue sous le nom de Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada. De plus, elle a trouvé le temps de cofonder la clinique juridique de Stormont-Dundas-Glengarry et de s’investir dans la Société de l’aide à l’enfance de Cornwall.

Gaëtan Simard s’est rapidement imposé comme leader de la communauté francophone au fil de ses quelque 30 années d’expérience dans six écoles à titre de professeur d’éducation physique. Hors du réseau scolaire, il s’est investi à fond dans des clubs de bienfaisance. Il est notamment membre fondateur du club Optimiste francophone et de son aile jeunesse, le club Octogone. Il y a organisé des concours d’art oratoire, des compétitions Opti-math, le rallye automobile des Optimistes, une campagne antidrogue et des soirées dansantes pour les élèves de 7e et de 8e année. Il est aussi membre actif des chevaliers de Colomb. De plus, malgré un horaire chargé, il donne de son temps au centre de traitement pour enfants local, à la Foire des petits francos et au programme Toupaix, qui prône la non-violence. Il a reçu plusieurs prix soulignant ses efforts pour la communauté francophone : le prix de leadership du Club Richelieu, un prix du Club Optimiste International soulignant sa contribution exceptionnelle pour la jeunesse et, enfin, la médaille du gouverneur général aux Jeux de la Francophonie. Il est la dernière personne à avoir été honorée par la Promenade d’honneur de Cornwall.

François Bazinet, cadet d’une famille de 19 enfants et natif de Saint-Albert, se bat depuis des années pour les droits des francophones de la région de Cornwall. Il a été professeur de mathématiques à l’école La Citadelle pendant 24 ans et a toujours protégé la culture francophone pour ses élèves. Il a été coordonnateur de l’aménagement linguistique au Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien et a coordonné le projet de monument de la francophonie pour la région de Cornwall.

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