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Charlottetown

Canada

Élégante et florissante capitale de la plus petite province canadienne, Charlottetown se dresse sur la rive sud de l’Île-du-Prince-Édouard, dans le golfe du Saint-Laurent. Elle a été le théâtre de la conférence historique de 1864 qui porte son nom, où ont été jetés les fondements de la Confédération canadienne, d’où son surnom de « berceau de la Confédération ».

 

En un coup d’œil

Ville Charlottetown
Province Île-du-Prince-Édouard
Pays Canada
Population 34 562
Fondateur Samuel Holland
Date de fondation 1764
Maire Clifford Lee
Site touristique discovercharlottetown.com
Site de la ville www.charlottetown.ca


Ville riche en histoire et en diversité culturelle, Charlottetown est depuis toujours un haut lieu de l’administration publique provinciale et fédérale, comme en témoignent le lieu historique national Province House, les nombreux services gouvernementaux et le siège social d’Anciens Combattants Canada. De destination touristique prisée, Charlottetown s’est transformée en un effervescent foyer de l’économie du savoir grâce à des établissements comme l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et le Collège Holland. Elle se démarque également en tant que pôle économique de l’Île en attirant des investisseurs des quatre coins du monde et en brillant sur la scène internationale dans les domaines des biotechnologies, de la finance et des technologies de l’information, ainsi que dans divers pans du secteur manufacturier.

Charlottetown n’est pas une ville comme les autres. Ses vieilles briques, ses rues où les piétons peuvent déambuler à leur aise, son air salin ainsi que la chaleur, l’hospitalité et le sentiment d’appartenance de ses habitants lui confèrent un charme inimitable.

Dans ce lieu couru de villégiature et de gastronomie règnent une atmosphère détendue et un art de vivre sans pareil. On y trouve tous les attraits d’une grande ville ainsi que de vastes espaces verts et de longues promenades bordant la quasi-totalité du littoral sud. Ses paysages enchanteurs sont imprégnés d’histoire. Son dynamisme s’incarne dans les rues bordées de terrasses, les multiples divertissements proposés et les festivals et événements sportifs qui se succèdent tout au long de l’année.

Ville de théâtre réputée, Charlottetown abrite le Centre des arts de la Confédération, établissement d’envergure nationale et pôle culturel du centre-ville. Sa principale production, Anne of Green Gables – The Musical détient le record mondial de la comédie musicale annuelle ayant tenu l’affiche le plus longtemps.

Les bonnes pratiques de développement économique et de tourisme de Charlottetown lui ont valu de nombreuses distinctions, dont les prix du défi international 2011 et de la collectivité la plus florissante 2009 de Collectivités en fleurs. La ville s’est aussi vu décerner le titre de Capitale culturelle du Canada par Patrimoine canadien en 2011.


Photo par James Ingram

Histoire francophone

Le premier contact entre les nations française et micmaque sur l’Île-du-Prince-Édouard que l’histoire a retenu provient du journal de bord de Jacques Cartier, qui y écrit le 1er juillet 1534 avoir pris possession de l’île au nom du roi de France. Pendant près de 200 ans, l’isle Saint-Jean, comme l’appellent alors les Français, leur sert principalement de pêcherie et accueille des entreprises et des particuliers se livrant au commerce des fourrures et à la pêche.
 
Les colons français et les Micmacs tissent des liens étroits durant cette période. Au début du 17e siècle, la France détient le monopole de la traite des fourrures et de l’industrie de la pêche dans toute l’Acadie, une région constituée de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard actuels. L’Acadie devient une colonie assez prospère, mais elle est fréquemment au centre du conflit que se livrent la France et l’Angleterre; elle passe sept fois d’une puissance à l’autre de 1604 à 1713.
 
En signant le traité d’Utrecht, en 1713, la France cède la Nouvelle-Écosse continentale, Terre-Neuve et la baie d’Hudson à l’Angleterre. Six ans plus tard, le roi de France concède l’isle Saint-Jean au comte de Saint-Pierre, un homme d’affaires influent, pour qu’il y développe le grand potentiel commercial des pêches. Les premières familles françaises s’installent sur l’île en 1720 à Port Lajoie, près de l’actuelle Charlottetown, et y fondent un avant-poste de la forteresse de Louisbourg, au Cap-Breton. Elles parviennent à s’adapter à leur nouvel environnement et transforment graduellement l’avant-poste en peuplement permanent grâce à l’aide de la nation micmaque.

En 1755, le destin des Acadiens bascule quand l’Angleterre adopte une politique de déportation et, en 1758, des milliers d’entre eux sont déportés de l’isle Saint-Jean. Certains reviendront sur leur terre après la signature du traité de Paris en 1763.

Après s’être emparée de l’Amérique du Nord, la Grande-Bretagne met en place une stratégie d’assimilation linguistique. Près de 100 ans plus tard, en 1864, George-Étienne Cartier représente le Canada-Est (aujourd’hui le Québec) à la Conférence de Charlottetown, où il pose avec John A. Macdonald les bases de la Confédération. C’est là que les deux fervents défenseurs du projet fédératif rallient les appuis suffisants pour le réaliser.

En 1873, Stanislaus Perry, premier député acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, écrit en sa qualité de président de l’Assemblée législative à la reine Victoria pour lui demander d’admettre la colonie de l’Île-du-Prince-Édouard au sein de la Confédération canadienne. Plus tard, il se fait élire à la Chambre des communes.

En 1917, Aubin-Edmond Arsenault est le premier Acadien à accéder au poste de premier ministre d’une province canadienne.

Léonce Bernard se fait élire pour la première fois à l’Assemblée législative en 1975 et voit son mandat renouvelé lors des cinq élections générales subséquentes. Sous sa gouverne, l’Île-du-Prince-Édouard conclut une entente sur la promotion des langues officielles avec le gouvernement fédéral et se dote d’une politique sur les services en français applicable à tout le gouvernement.

La résilience et la vitalité de la langue et de la culture françaises sur l’Île-du-Prince-Édouard sont la preuve que les deux langues officielles canadiennes font partie intégrante de l’identité du berceau de la Confédération.

Grâce à la vision et à la détermination des dirigeants, le caractère francophone et francophile de Charlottetown est devenu un important moteur de développement économique. L’une des conditions du transfert d’Ottawa à Charlottetown de plus de 1000 postes d’Anciens Combattants Canada était la présence d’une école française dans la ville d’accueil. L’école François-Buote est la première école française de la ville. Quand elle a ouvert ses portes en 1978, elle ne comptait que six élèves et ses locaux étaient situés dans un sous-sol d’église. Aujourd’hui, environ 500 employés bilingues travaillent dans les bureaux d’Anciens Combattants Canada à Charlottetown et plus de 300 élèves fréquentent l’école François-Buote.

En outre, la Loi sur les services en français améliore l’accès aux services de santé et à d’autres services gouvernementaux en français. Les francophiles de l’Île sont d’ailleurs très dynamiques, comme en témoignent les 4500 étudiants inscrits à un programme d’immersion française.

Enfin, grâce aux efforts conjugués du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean et du Centre des arts de la Confédération, Charlottetown présente un visage francophone dans sa signalisation et dans plusieurs secteurs, dont le tourisme d’accueil, les services et la programmation culturelle, véritable atout pour attirer les événements spéciaux et le tourisme culturel.

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