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Bromont

Canada

Fondée il y a seulement quelques décennies, la ville de Bromont, en Montérégie, a connu une croissance impressionnante.

En un coup d'oeil

Ville Bromont
Province Québec
Pays Canada
Population 8 900
Fondateurs Roland et Germain Désourdy
Date de fondation 1964
Mairesse Pauline Quinlan
Site touristique tourismebromont.com
Site de la ville bromont.net


VIeux-Village © Stéphane Lemire

Lors de sa fondation, en 1964, la ville de Bromont rassemble une maigre population de 250 personnes et ne compte aucun commerce, industrie ou noyau villageois. Tout reste à faire et à construire. Or, après un demi-siècle d’histoire, la municipalité réunit 8 500 citoyens et occupe six fois plus d’espace qu’à l’origine. Le Parc scientifique Bromont, où sont installés de gros investisseurs comme IBM, General Electric Aviation et Teledyne DALSA, emploie près de 5 000 personnes, l’aéroport régional permet un accès privilégié et rapide à tout le Nord-Est américain, et les infrastructures récréotouristiques, y compris le site des compétitions équestres des Jeux olympiques de 1976, offrent un large éventail d’activités.

L’idée d’origine vient de la conviction des frères Roland et Germain Désourdy, au début des années 1960, de voir se concrétiser une société axée sur les loisirs, dont Bromont serait à la fois le laboratoire et le fer de lance québécois. Dans cette gageure faite sur l’avenir, ils imaginent Bromont comme un éden où l’association d’installations récréotouristiques et d’un secteur résidentiel haut de gamme dicterait un nouvel art de vivre. Et même si le concept « Bromont, ville des loisirs » évolue et élargit rapidement ses horizons en intégrant un volet industriel, le destin de celle qu’on nomme « la Ville de l’an 2000 » reste intimement lié à la philosophie qui l’a mise au monde.

Cinquante ans plus tard, Bromont se présente comme une figure singulière au sein des villes du Québec, non seulement à cause de son jeune âge, des circonstances particulières de sa fondation et de son statut de ville olympique, mais aussi en raison de sa triple personnalité, à la fois résidentielle, industrielle et touristique.

Bromont procure des milliers d’emplois industriels sans être une ville ouvrière, offre toutes les caractéristiques d’un centre récréotouristique sans se confiner à cette réalité, et une bonne partie de sa population travaille à l’extérieur de ses limites.

Les visiteurs et même les nouveaux résidants ignorent trop souvent que cette création municipale relativement récente prend appui sur un passé séculaire. Car si les paysages aménagés et le patrimoine bromontois séduisent aujourd’hui, le mérite en revient en partie aux premiers bâtisseurs de ce coin de pays, aux générations de cultivateurs, d’artisans, de commerçants et d’ouvriers, anglophones comme francophones, qui s’y sont succédé depuis la fin du 18e siècle. Par son histoire ancienne, Bromont est non seulement le berceau de toute une région, c’est un territoire loyaliste comme il s’en fait peu et le lieu de rencontre privilégié de deux cultures, l’anglo-saxonne et la française.


Centre culturel St-John © Pierre Dunnigan

Histoire francophone

Dès la proclamation de l’Acte constitutionnel de 1791, l’Américain John Savage dépose une demande d’octroi afin d’obtenir le canton de Shefford. En juin 1793, il s’installe tout près de la rivière Yamaska, à l’emplacement du futur village de West Shefford (qui deviendra une partie de Bromont), devenant ainsi le premier habitant de la région. À l’aube du 19e siècle, environ 200 personnes habitent le canton de Shefford et les alentours immédiats, dont approximativement une cinquantaine sur le territoire de Bromont.

Le mouvement migratoire des Canadiens français dans les Cantons de l’Est, qui s’amorce vers 1840, est fortement encouragé par l’élite canadienne et particulièrement par le clergé catholique, qui voit là un remède à la fuite de sa population vers les États-Unis. En 1861, plus de la moitié du canton de Shefford est déjà peuplée par des Canadiens français, mais West Shefford est très peu touché par cette présence. À partir de 1868 cependant, année où sont entrepris les travaux de construction de la deuxième église catholique du village, la communauté francophone se développe à un rythme accéléré. Trois ans plus tard, on compte 15 familles francophones sur 40, dont 10 sont propriétaires.

Il n’aura fallu qu’une décennie, entre 1881 et 1891, pour voir s’imposer la présence canadienne-française à West Shefford. Le recensement de 1901 affirme éloquemment cette prépondérance : sur un total de 351 habitants, 30 sont d’origine anglaise, 39 irlandaise, 13 écossaise et 268 française. Ces derniers, sans compter les nombreux Irlandais qui, par le mariage ou la fréquentation des institutions scolaires et religieuses catholiques et françaises, se sont joints à eux, représentent donc plus des trois quarts de la population de West Shefford, une hégémonie désormais irréversible.

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