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Biddeford

États-Unis

Au 17e siècle, des explorateurs européens ont visité la rivière Saco et la région qui est maintenant connus sous le nom Maine. Samuel de Champlain était l’un de ces hommes. Il est arrivé en 1604 et a dessiné une carte détaillée de la côte et de la rivière.

En un coup d'oeil

Ville Biddeford
État Maine
Pays États-Unis
Population 21 282
Fondateur Richard Vines
Date de fondation 1855
Maire Alan M. Casavant
Site touristique biddefordsacochamber.org
Site de la ville biddefordmaine.org
Médias sociaux

En 1616, le médecin anglais Richard Vines devient le premier colon européen dans la région. Il passe l’hiver à « Winter Harbor », qui est maintenant connu sous le nom de Biddeford Pool.  Vines est retourné en Angleterre, mais il revient en 1630 et établit une colonie permanente. 

En 1718, la ville est officiellement nommée Biddeford. Le nom semblerait être en lien avec les premiers colons arrivés dans la région qui venaient de Bideford, en Angleterre.

Les Amérindiens vivaient depuis longtemps dans les régions côtières près de la rivière. Les premières relations étaient amicales, mais les hostilités ont éclaté particulièrement pendant la guerre du roi Philip et la Guerre de la Conquête. En 1759, et lorsque Québec est tombée, les hostilités ont cessé.

Le fondateur moderne de Biddeford est Samuel Batchelder, qui est arrivé en 1831. Reconnaissant la puissance de la rivière Saco et les répercussions pour l’industrie du textile, il incorpore des entreprises qui fabriquaient des outils et du tissu.  La population de Biddeford a rapidement augmenté et la ville est devenue un chef de file dans la fabrication de tissus au 19e siècle. Au plus fort des opérations, les moulins de Biddeford employaient 12 000 personnes. Les moulins ont continué de fabriquer des produits de qualité jusqu’en 2009, lorsque le dernier moulin, West Point Pepperell, incorporé en 1850, a fermé ses portes.

Aux 18e et 19e siècles, les moulins attiraient les immigrants qui étaient à la recherche d’un travail. Des travailleurs irlandais, albanais, grecs, italiens, juifs et canadiens-français s’occupaient des machines, fabriquaient des briques ou creusaient les tunnels qui ont permis aux moulins d’être prospères. De nombreux descendants de ces travailleurs vivent dans la ville, et le français est encore parlé dans de bon nombre de maisons.

Aujourd’hui, Biddeford a une population de 22 000 personnes et l’âge médian est de 35 ans. En plus de ses magnifiques plages et parcs, la ville accueille l’Université de la Nouvelle-Angeterre, le collège de médecine ostéopathique, le théâtre City, la bibliothèque McArthur, le centre de santé Southern Maine et de nombreux restaurants et magasins prestigieux. Le district des moulins qui hébergeait des milliers de travailleurs est un campus comprenant des appartements remarquables, des galeries d’art, des restaurants, des brasseries, des bureaux, des distilleries et des espaces manufacturiers. En tant que centre commercial connaissant l’une des plus rapides expansions de l’État, la ville continue de grandir et de s’épanouir, comme de plus en plus de personnes reconnaissent sa qualité de vie et ses éléments géographiques et culturels.

Histoire francophone

En 1845, Israel Shevenell, âgé de 19 ans, quitte sa maison à Compton, au Québec, et marche 322 km jusqu’à Biddeford, au Maine.  Il trouve du travail dans les briqueteries et il est témoin de la remarquable transformation de la ville, lorsqu’elle est devenue une puissance du textile. Israel est reconnu à titre de premier colon canadien-français permanent. 

Israel a ouvert les portes à des milliers de francophones qui sont déménagés du Québec à Biddeford. Ils ont apporté avec eux leur langue, leur culture et leur foi, et tout cela s’est heurté aux résidents anglophones de longue date. Leur présence étant de plus en plus marquée, les francophones ont cherché à avoir du pouvoir politique. En 1910, Albert Marceille est élu premier maire francophone de la ville et du Maine. Le pouvoir politique des francophones s’est solidifié et, en 1931, ils représentaient près de 75 % des électeurs de la ville. Quinze des dix-huit derniers maires de Biddeford étaient francophones.

Le maire francophone le plus célèbre de Biddeford est Louis « Papa » Lausier, qui est en poste de 1940 à 1956. Il est considéré par bien des gens comme un maire « patron », car il contrôlait tous les aspects de l’hôtel de ville. Il était déterminé à aider les entreprises et les institutions franco-américaines. Il a occupé ses fonctions pendant 18 ans.

Pendant que la force politique des francophones grandissait, leur mission et leur objectif étaient guidés par les éditeurs du journal local francophone La Justice. L’échec des francophones à s’assimiler a créé un fossé dans la communauté.  Alfred Bonneau et son successeur éditorial, Joseph Bolduc, ont régulièrement dénoncé le racisme et les préjudices subis par la population francophone. Par exemple, lorsque le Ku Klux Klan a pris de l’importance dans l’État du Maine, pendant les années 1920, Bolduc a dénoncé activement et avec véhémence le Klan et ses attaques contre les catholiques et les francophones. 

La Deuxième Guerre mondiale a diffusé la plupart des tensions ethniques, sinon toutes, dans la communauté, mais les francophones continuaient de dominer la sphère politique et sociale. La langue française était couramment parlée dans bon nombre de maisons dans les années 1970 et la Société Saint-Jean de Baptiste de Bienfaisance est demeurée un fort club social pour les hommes francophones. Cependant, la fermeture de l’école secondaire Saint-Louis, l’école paroissiale francophone de la ville, a accéléré le déclin de la culture francophone. La Société Saint-Jean existe encore aujourd’hui, mais elle ne compte qu’environ 20 membres actifs. 

Malheureusement, en raison de l’assimilation, bon nombre de jeunes d’aujourd’hui ne connaissent pas leurs antécédents canadiens-français. Bien qu’ils appellent leurs grands-parents « Mémère » et « Pépère », et qu’ils mangent des tourtières lors des célébrations de Noël et du Nouvel An, ils ne font pas le lien entre ces mots ou pâtisseries et la culture francophone. 

Du point de vue religieux, l’église Saint-André, une église francophone, a fermé en laissant l’église Saint-Joseph le seul lieu de culte francophone. La messe de 8 h 00 le dimanche est encore tenue en français. L’église Saint-Joseph, dédiée en 1883, est une magnifique église sur le plan architectural et, pendant de nombreuses années, elle était l’édifice le plus haut du Maine. Elle possède de magnifiques vitraux et statues.

Du point de vue éducatif, l’école Saint-James est la dernière école paroissiale. Pendant de nombreuses années, divers ordres religieux ont enseigné dans les écoles Saint-Joseph, Saint-André et Sainte-Marie (école irlandaise), mais les sœurs et les frères ne participent plus à l’éducation locale.

Le collège Saint-Francis, maintenant connu comme l’Université de la Nouvelle-Angleterre, a été fondé par les pères  Arthur et Zenon Decary.  Les deux prêtres sont venus de Saint-Laurent, au Québec, à Biddeford afin de s’occuper de la santé et de l’éducation des familles francophones qui vivaient dans la région. Le père Arthur est devenu le pasteur de la paroisse Saint-André et son frère et lui ont participé à de nombreux projets, dont la construction de l’école secondaire Saint-Louis, la fondation de l’hôpital Notre-Dame, la maison Saint-André et l’école Stella Maris.  La famille Decary était modérément riche et les prêtes ont utilisé une partie des fonds pour aider à la construction des projets. Le gouvernement français a honoré Arthur pour son travail considérable auprès des francophones du Maine. Il a reçu la Légion du Mérite.

Le père Zenon Decary était connu pour ses miracles, et des membres de la communauté catholique de Biddeford espèrent aujourd’hui qu’il sera canonisé. Un livre intitulé « The Good Father Zenon » (le bon père Zenon) contient une liste de ces miracles. Les deux frères sont enterrés sur le campus de l’Université de la Nouvelle-Angleterre.

Aujourd’hui, la kermesse franco-américaine est la présence francophone la plus visible. Fondé sur la vision de célébration de Joseph Plamondon, ce festival a commencé en 1982 et porte sur l’ethnicité, la famille et la communauté. Portant d’abord sur la culture francophone, le festival est maintenant axé sur la fierté ethnique qui demeure évidente dans la population diversifiée de Biddeford.

Le festival se tient chaque été en juin sur le champ Saint-Louis. Il met en vedette de la musique, de la danse, du plaisir en famille et d’autres activités. Bien entendu, il y a une grande variété de nourriture. Une parade et des feux d’artifice font partie des cérémonies d’ouverture!

Biddeford est la ville sœur de Saint-Georges de Beauce.  Pendant de nombreuses années, des élèves de l’école secondaire Biddeford et de la Polyvalente de Saint-Georges ont participé à un échange. Des élèves de Biddeford visitaient leurs collègues du Québec pendant cinq jours en mars et des élèves de Saint-Georges venaient à Biddeford en mai. Il s’agissait d’une petite immersion, les élèvent vivaient dans la maison de leur « jumeau ».  Les maires des deux villes sont actuellement en discussion pour faire revivre l’échange et pour créer davantage de collaboration économique et culturelle pour mettre en valeur la couleur des deux villes.

De nombreux francophones distingués de Biddeford font partie de l’ordre du mérite francophone du gouvernement du Maine.  Il comprend George « Pete » Lamontagne, Dennis Dutremble, le père Ronald Labarre, le juge Michael P. Cantara, et Dr Norman Beaupre.  D’autres personnes maintenant décédées font aussi partie de l’ordre, il s’agit de Raymond Gaudette, Richard Dutremble, Camille Bolduc, Joseph Plamondon et Marcel Viger.

D’autres notables, du présent et du passé, comprennent : Brian Dumoulin, défenseur avec les Penguins de Pittsburg; Ovid Demaris, auteur; Pierre Painchaud, musicien; le père Zenon Decary, prêtre et bienfaiteur; Lucien « Babe » Dutremble, maire, législateur et commissaire du comté.

La société généalogique franco-américaine du comté de York est un registre bien connu d’information et d’histoire généalogique. Elle est située dans la bibliothèque McArthur, sur la rue Main, et de nombreuses familles ont tracé leurs racines familiales en demandant l’aide des bénévoles qui connaissent bien les ressources.

La ville tente actuellement de générer de l’intérêt et des discussions pour un centre culturel et un musée qui accueilleraient les nombreux artéfacts entreposés à divers endroits dans la communauté. Le sujet d’un centre culturel avait été abordé lors de la création de la kermesse, mais il n’avait jamais reçu l’appui financier dont il avait besoin. Il est à souhaiter que le nouvel intérêt dans les racines francophones soit un catalyseur pour faire avancer cette idée.


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