La francophonie

La francophonie d’Amérique est le fruit d’un processus historique qui s’étale sur près de 400 ans et qui reste aujourd’hui bien vivant.

Jacques Cartier plantant une croix en sol canadien à Gaspé.
Jacques Cartier plantant une croix en sol canadien à Gaspé.
Source : Archives de la Ville de Québec

En 1535, Jacques Cartier, au nom du roi de France, amorçait la grande épopée française en Amérique. Il prenait possession de la terre s’étendant au-delà de la péninsule de Gaspé, Québec. Au cours du Régime français, seuls quelques milliers d’habitants de la métropole immigreront dans les colonies de Nouvelle-France. Toutefois, la stratégie économique de la France, visant à maximiser les alliances avec les Autochtones, portera ses fruits. Bientôt, les paroles prononcées par Champlain « Nos jeunes hommes marieront vos filles, et nous ne formerons plus qu’un peuple » deviendront réalité.

En effet, la Nouvelle-France couvrira près des deux tiers de l’Amérique du Nord, malgré une population de moins de 100 000 habitants, vers la fin du Régime français (1763). À la même époque, la population des colonies anglo-américaines (les futurs États-Unis) se chiffrait à environ 2 millions d’habitants, concentrés dans un dense territoire s’étendant le long de la côte est continentale et s’achevant au piémont appalachien.

Les alliances franco-indiennes et les métissages qui s’ensuivront auront de vives répercussions sur le développement de la francophonie en Amérique. Les Canadiens, comme on les appelait déjà sous le Régime français, seront propulsés par leur soif de grands espaces et de liberté.

Aujourd’hui, ce que nous appelons l’Amérique francophone se présente comme un ensemble de dégradés linguistiques et culturels. Cette francophonie continue d’affirmer ses différences, de structurer sa parole particulière et de revendiquer son identité francophone.

À travers le continent, dans des communautés parfois isolées, l’héritage français résonne. Des rives de l’Acadie jusqu’aux grandes étendues des Prairies de l’Ouest canadien, en passant par la Louisiane et les Caraïbes, le français en Amérique continue à faire vibrer, rire, pleurer, danser, chanter et vivre.

Le saviez-vous?

Célébrations de la Saint-Jean-Baptiste.
Célébrations de la Saint-Jean-Baptiste.
Source : Archives de la Ville de Québec

Rassemblement francophone d’Amérique – Québec, 1880

En 1880, la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec organise un immense rassemblement auquel elle convie des délégués de plus de 100 sociétés francophones du Québec, de l’Ontario, de l’Ouest canadien, de l’Acadie et des États-Unis (Maine, New Hampshire, Vermont, Massachusetts, New York, Rhode Island, Connecticut, Minnesota, Michigan, Wisconsin, Illinois).

Les célébrations commencent sur les plaines d’Abraham : 40 000 personnes y participent. Une grande procession de la Saint-Jean-Baptiste est organisée le 24 juin : 10 000 personnes défilent dans les rues de la ville.

Les 25 et 26 juin 1880, les séances de la Convention nationale des Canadiens français ont lieu à l’Université Laval. Celles-ci réunissent les délégués de langue française des diverses régions du Canada et des États-Unis. Les travaux de la Convention touchent à divers sujets : intérêts politiques et sociaux, industrie et commerce, colonisation, agriculture, sciences, lettres, beaux-arts, Canadiens des États-Unis et du Manitoba, Acadiens.

Source : Jean-Marie Lebel. Les chroniques de la capitale, 1608-2008, Québec, PUL, 2008.

Jacques Cartier plantant une croix en sol canadien à Gaspé.
Jacques Cartier plants a cross on Canadian soil, Gaspé, Québec
Source: Québec City archives

In 1535 Jacques Cartier claimed the Gaspé Peninsula in the name of the King of France, marking the start of French rule in North America. Though only a few thousand citizens left France to begin a new life in the colonies, France’s decision to cultivate strong ties with the First Nations met with success. Champlain’s prophetic words “our sons will marry your daughters, and we will be but one people” would soon prove true.

By the end of the French Regime (1763), New France had spread over nearly two-thirds of North America despite a modest population of fewer than 100,000 citizens. During that same period, the population of the British colonies (the future United States) reached nearly two million in a dense swath along the eastern seaboard ending at the Appalachian foothills.

French alliances with the First Nations had deep and lasting impacts on the development of North America’s French-speaking settlers. The Canadiens, as they had come to be called under French rule, were known for their unquenchable thirst for freedom and wide-open spaces.

What we call francophone North America today is a cultural and linguistic mosaic. The French-speaking community continues to celebrate its differences, develop its unique speech patterns, and assert its proud francophone identity.

Across the continent—sometimes in remote communities—French heritage is thriving. From the Acadian shores to the wide, rolling Prairies of Western Canada and down through Louisiana and the Caribbean, French culture continues to hum, laugh, cry, dance, sing, and thrive.

Did you know?

Célébrations de la Saint-Jean-Baptiste.
Saint-Jean-Baptiste Day celebrations
Source: Québec City archives

Francophone North America Assembly – Québec City, 1880

In 1880 the Québec City Saint-Jean-Baptiste Society  organized a huge assembly, inviting delegates from over 100 francophone societies in Québec, Ontario, Western Canada, Acadia, and U.S. (including Maine, New Hampshire, Vermont, Massachusetts, New York, Rhode Island, Connecticut, Minnesota, Michigan, Wisconsin, and Illinois).

Celebrations began on the Plains of Abraham with 40,000 people in attendance. A great Saint-Jean-Baptiste Day procession was organized and on June 24, 10,000 people wound their way through the city streets.

On June 25 and 26, 1880, sessions of the French Canadian National Convention took place at Université Laval, bringing together French language delegates from all corners of Canada and the United States. The Convention addressed a variety of topics: political and social issues, industry and commerce, colonization, agriculture, science, literature, fine art, French speakers from the U.S. and Manitoba, and Acadians.

Source : Jean-Marie Lebel. Les chroniques de la capitale, 1608-2008, Québec, PUL, 2008.