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Chroniques francophones

L'histoire inconnue des toits rouges du Québec


Toits rouges sous le ciel bleu de Tadoussac, Québec.
Crédit photo : beauxvillages.qc.ca

10 août 2016

Au Québec, les maisons anciennes aux toits rouges ont une histoire qui leur est propre. Elles sont devenues au fil du temps des incontournables. Ces toits rouges qui stimulent et orientent la perception visuelle embellissent les circuits touristiques de la province de Percé à la rivière des Outaouais. On les compte aujourd'hui par centaines. Dans le Vieux-Québec, les toits rouges sont omniprésents, mais encore faut-il s'en rendre compte, d'où l'importance d'être attentif aux éléments qui nous entourent. Ensemble, ils constituent un véritable trésor national, voire même un patrimoine culturel.

Ces merveilles ont été peintes par plusieurs artistes d'ici et d'ailleurs. Elles ont aussi été photographiées par des millions de visiteurs venus des quatre coins de la terre. Leur image numérique sur les sites Web est dépourvue de toute précision ayant trait à leur origine. En outre, il n'existe aucun répertoire de ces trésors cachés. Il faut les découvrir un à un. Même les guides de voyage sont à court de bienveillance.

Quelle est l'histoire des toits rouges qui apparaissent au gré du hasard dans les rues de Québec et bien au-delà de ses remparts ? Certains racontent que le rouge avait pour objet d'imiter les tuiles en terra cota du Poitou de France. D'autres soutiennent que le rouge servait à l'identification de familles prospères ou de marchands haut placés dans le Nouveau Monde. On dit, en outre, que les marins se fiaient aux toits rouges comme points de repère à la navigation. Selon une légende de la vallée du Saint-Laurent, le rouge vif permettait de repérer facilement les cabanes au Canada dans une poudrerie hivernale.

La version d'histoire la plus vraisemblable est celle de certains producteurs agricoles de l'île d'Orléans qui m'expliquaient un jour d'automne qu'à une époque ancienne les « habitants », aussi appelés les « Canadiens », ont voulu donner à leur maison un caractère distinctif sans pour autant modifier la conception architecturale normande qui était hautement adaptée au climat froid du paysage nordique. Après consultations populaires, le rouge écarlate des fraises de l'île, dont la réputation n'était plus à faire, a été retenu par les gens du pays pour se distinguer d'une mère patrie lointaine. Avec ce changement simple et peu coûteux, les francophones d'Amérique pouvaient alors facilement se reconnaître entre eux et à distance. Force est de constater que cette façon de penser continue à s'afficher avec fierté à travers le Québec.

À propos de l'auteur

Jean-Pierre Bernier est un cadre retraité du secteur financier avec une passion ardente pour la francophonie en Amérique et sa fraternité.

Natif de la ville de Québec, il habite maintenant à Aurora, Ontario.

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